Le Jacaranda
Boulevard Zerktouni Gueliz Marrakech
Propriétaire Philippe Coustal
La cuisine « à la française « est un conte de fées , mi carabosse mi mélusine .
On croyait les classiques de la gastronomie marrakchie relégués à l’arrière plan sinon condamnés ! et puis Paf … on prends les mêmes et on rebondit !
Ce savoir faire finalement à prix doux , je veux parler du Jacaranda , quand on veut bien comparer avec les offres actuelles du Marché ! ( fourchette autour de 4/500 DH ) .
Le décor vaut ce qu’il vaut , je n’en suis pas accroc ! le mobilier de salle devrait subir prochainement ce que les cuisines viennent de subir « un grand coup de neuf «
Coté carte …On y trouve quelques touches de ces premières armes sur Toulouse dont une belle place aux poissons . Cette maison de bouche gagne en sérénité , Philippe passe un peu moins de temps « scotché « derrière son comptoir , un peu plus en cuisine à surveiller ses ouailles , et en salle à scruter « le qu’en dira t’on « .
Aurait il enfin compris sur le « tard « qu’il faut être au four et au moulin ? que le client demande de l’attention et se sent flatté de l’intérêt qu’on lui prête !
IL y a bien sur « Ben « qui officie en qualité de Maitre d’ Hôtel inoxydable et définitivement compétent dans la vraie note juste , pas envahissant ( déjà sur le pont du temps des Stellay et autres Demars , les anciens propriétaires ) , la relève pointe son nez « Mustapha « qui fit ses armes à l’ Amphitrite de Skhirat Plage il y a quelques années du temps de « Mao « …
Bref … de cette longue carte , après toilettage un bon tiers de ce qui a fait les classiques poussiéreux de cette maison toujours sérieuse vont disparaître - ouf et plus certainement , ENFIN – . De ce qui subsistera on l’espère verra émerger une ligne directrice et quelques nouveautés dont un délicat « blinis au dos de saumon cru fumé nappé d’une fine sauce « . Les saveurs puissantes et iodées d’ un simplissisime « couteaux à l’ail « ( fruit de mer tenant la forme d’un couteau )
Voyez aussi du coté d’un délicat « Suprême de volaille aux morilles « ( morilles un peu atone ) clin d’œil à ses origines de terroir … Un tartare coupé au couteau assaisonné juste ce qu’il faut ( peut être un peu court en poids ) …
Les légumes ( copieux , frétillant et variés ) servi à part vous laisse le champ libre à une dégustation du plat principal ! ( les pâtes me semblent être hors sujet dans cet assortiment )
Proposé par « Ben « pour clôturer ce dîner , un excellent fromage frais de chèvre , tout de finesse en bouche ! accompagné d’une tranche de « bleu de Bresse « d’origine espagnole typé et bon …
Cave à vin , verre au vin … et surtout ce VAL D’ARGAN rouge dégusté au verre que je vous conseille puissant , captivant … bien structuré , servi légèrement frais … provenant de ce terroir des hauts d’ Essaouira - bref qui devrait vous changer des succédanés proposés par d’autres marques locales .
La voie est étroite pour la cuisine française – entre hystérie faussement créatrice et ron-ron quotidien - ,
il faut espérer que LE JACARANDA qui vient de démarrer sa révolution de palais trouvera le juste milieu !
c’est en bonne voie … - comptez 300/350 DH vin compris .
Pandore
paru dans AUJOURD ' HUI LE MAROC 20/09/2004
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander